lundi 19 novembre 2018

Pour des chaussures durables


Chose promis chose due; voici un article entièrement dédié à la chaussure. 
Celles qui durent, celles qui craquent, celles qui faut bichonner, toutes! (mais surtout celles que l'on garde looongtemps).

Au départ: Le constat du vide
Cela fait plusieurs années que le chéri parcoure certains blog de mode masculine (enfin surtout celui-ci), à l'affût des marques qui proposent de la qualité, de l'éthique et à des prix abordables. C'est notamment grâce à ce blog que l'on a découvert les pantalons Scavini (le monsieur de Cousu main dont je vous conseille de guetter les soldes) ainsi que la marque Bleu de chauffe qui propose des sacs à main fait en France, avec des cuirs tannage végétal français -Très populaires chez ces messieurs, aviez-vous entendu parler de leurs sacs chez les bloggeuses mode !?
Cet exemple est assez symptomatique: les tests produits pour évaluer la qualité (matière, couture, éventuellement chaine de production et provenance des matière) est assez courant chez les hommes (clic); mais alors dans le domaine de la mode femme... Ce n'est clairement pas le leitmotiv. Au mieux, on trouve des articles sur les intemporels du dressing, mais rien pour investir dans des pièces de qualité sur le très long terme -le comble-, du moins ce n'est pas l'argument de vente (ou alors c'est que je n'ai pas cherché au bon endroit). 
C'est là que je suis contente d'être couturière, car je peux au moins remédier à cet aspect. Comme je n'ai que 2 bras et que les journées ne font que 24h, je ne peux pas pallier à tous les niveaux, causons donc des mots qui fâchent: achat - qualité - chaussure !!

nb: Je ne suis pas crédule, je sais pertinemment que les marques contactent et rémunèrent ce blog pour ces tests produits. Dans tous les cas cela donne une très bonne synthèse, des découvertes et pleins de liens pour aller plus loin si on le souhaite.

Bleu de Chauffe

Mon quotidien, mon dressing et ma routine chaussure:
Avant d'aller plus loin, je voudrais dire deux mots sur moi: Si vous avez cliqué sur les liens de l'introduction, vous avez pu voir que les prix sont vites à 3 chiffres... Je voudrai préciser que je ne roule pas sur l'or, bien au contraire. Tous ces achats ne sont -quasiment- pas compulsifs et s'ils coutent chers, ils s'inscrivent souvent dans une démarche qualité-durabilité. Je n'ai aucune action dans aucune marque cité dans cet article, et ce n'est que le fruit de mon expérience et des retours que j'ai pu entendre autour de moi.

Voilà, ça c'est dit. 

Autre aveu: Les chaussures... ben j'adore ça! Je n'écouterai que mon petit coeur j'aurai des crush trèèès régulièrement; mais mon compte en banque et mon placard n'étant pas extensible, j'ai choisi d'en avoir peu mais des intemporels.
Mon dressing se compose donc:
- 8 paires de chaussures mi-saisons à hiver (bottines, derbies, escarpins)
- 1 paires de baskets en toile
- 3 paires de sandales été. 

Eh oui, aucune basket hormis une pour dépanner; je déteste ça! ^^ 

Côté routine, je peux dire que je vie littéralement avec mes chaussures. Je veux dire par là que ma routine n'est pas du tout transport-voiture/boulot bureau/transport-voiture, mais plutôt 25min de marche, au boulot je piétine, tourne monte et descend, puis  à nouveau 25min de marche dans l'autre sens. 
Autant dire que je sollicite pas mal mes chaussures et que le confort et la solidité sont les éléments déterminants dans mes choix. Après comme je suis coquette, si elles sont stylées c'est encore mieux! ;p

Les marques testés et approuvés: 
Ce serait bien trop long de décrire tous les éléments à regarder pour trouver une chaussure de qualité, d'autant que les méthodes de fabrication/conception/matière changent nécessairement selon la coupe du modèle. Et puisqu'il arrive aussi de trouver de "fausse" semelle cousu pour le style... C'est une vraie jungle!
Je vais donc me contenter vous présenter les marques que j'ai déjà testé,  comment elles vivent dans le temps, ainsi qu'une série de marques que je n'ai pas testé mais qui pour moi sont dans la gamme des chaussures "rapport qualité/prix abordables". 


- Les marques des grandes enseignes: 
Loin de moi l'idée de faire ma snob de la chaussure, j'ai aussi des chaussures pas chers provenant de Besson et qui ne m'ont pas coûté plus de 30€. Le problème dans ce type de magasin, c'est que c'est un peu le coup de poker. Nulle doute ici que les cuirs sont de mauvaises qualités, fait dans des conditions discutables, que c'est une simple semelle collées, etc.... Pour autant elle sont toujours là 3 ans après!! 
Deux raisons à cela: je suis bien tombée ET j'en prend soin. Ce n'est pas parce qu'une paire m'a couté 20€ que je ne vais pas lâcher 12-14€ de cordonnier pour refaire la semelle ou que je ne vais pas les entretenir. 

Il y a également de bonnes chaussures à trouver chez Bocage; l'un de mes chouchous. Je les trouve très confortable et la conception semble souvent tenir la route. Dans mon cas, c'est le 1e magasin où les sandales d'été tiennent plus de deux ans sans problème (pas de semelle ultra flingué, pas de cuir distendu qui ne tiens plus le pied, etc).
Le chéri prend souvent ses baskets chez eux (cuir, semelle cousu) et il les a gardé 2 ans en les portant quasi 365 jours (je précise qu'il les bichonne et les cire comme ses autres chaussures, par sûre que tous les mecs soient comme ça hein! ).
Je regrette juste l'emploi récurrent de cuir d'agneau, certes confortable car naturellement très souple... mais un peu plus sensible aux éraflures qu'un bon cuir de vachette tout de même.


- Les marques abordables et/ou méconnues:
Si vous avez un magasin revendant des kickers/doc martens, vous verrez peut-être passer ces marques: Clarks, Pikolinos, Dorking, Neosens. Ils ont de très bons retours, des matières et conceptions assez solides, malgré le fait que ce soit là encore des semelles collées dans la plupart des cas, sauf Pikolinos.  Ce que je regrette, c'est qu'en Province elles soient difficile à trouver et que les sites web marchands donnent quasiment aucun détail sur la conception, contrairement -encore une fois- aux sites de chaussure pour homme. 
Je garderai mes distances avec Kickers car j'ai investit dans une paire de sandales d'été qui a tenu... pas plus d'un été ... -_-" Mauvaise pioche? peut-être... mais à ce prix je préfère aller vers les valeurs sûres!

Je voulais faire un laius sur Neosens dont j'ai deux paires.
Il s'agit d'une marque espagnole au style assez particulier qui propose des chaussures dans des cuirs non refendus, assez bien finis et avec des semelles cousus. Mes paires sont increvables! Elles sont vendues avec une paire de talon à changer, mais comme ils sont en plastique, je les trouve très durs et sonnants. J'ai fini par les faire changer car je trouvais cela un peu désagréable à la longue (enfin au bout de 2 ans, je les ai depuis 5 ans maintenant!). Les talons sont souvent haut (5 à 7cm), mais cette forme en trompette est très confortable. 
Seul bémol: ma paire de bottine a du passer chez le cordonnier car la couture milieu s'enlevait ( elle était cousu trop près du bord). Là encore on n'échappe pas à quelques défauts de conceptions! On trouve pas mal d'informations sur la fabrication des chaussures de cette marque sur leur site, ce qui est assez rare pour cette gamme de prix. 



- Mes nouvelles chaussures; les marques haut de gamme:

Entrons dans le coeur du sujet, parlons des chaussures qui ont donné naissance à cet article!
J'étais donc très jalouse que les hommes trouve "facilement" des chaussures de qualité, et que nous, "pauvre gourde à Carte Bleue qui chauffent" devriont nous contenter de chaussures pas très solides, conçues de manières douteuse, et ce pour quasiment le même prix.
Je suis donc parti en quête d'équivalents, en commençant par les marques recommandés par son super blog de mec dans "l'entrée de gamme de luxe" et oh surprise! Il y a pleins de marques avec une gamme pour femme! Il s'agit donc ici d'une sélection que je n'ai pas testé mais qui reste à explorer! ;)

Dans la liste qui suit, je vais parler de chaussures cousu et soudés. Pour moi, une chaussure cousu est une plus-value, mais je sais que ces coutures ne sont pas possibles sur la majorités des modèles féminins notamment. Cela ne veux pas dire que les modèles sont mauvais car nous entrons -dans tous les cas- dans une gamme de prix où les chaussures commencent à être bien plus solides que la moyenne! ;) Cela ne vous empêche pas non plus de questionner les marques avant tout achat! ;)

- 1083 : Entre 70 et 109€ : Les baskets ce n'est vraiment pas mon truc, je traine tout juste ma petite paire à 15€ de Besson pour dépanner.
J'adore les jeans et la démarche de cette marque, il fallait donc avant leurs chaussures dont la démarche est tout aussi transparente que leurs jeans!;) Matériaux sourcés, recyclés, on est ici dans la même gamme de prix que les baskets Bocage et consors, mais avec une démarche équitable/made in France en plus. Pour les avoirs vu à la boutique Modetic à Roman-sur-Isère, elles semblent bien costauds!

- Meermin: Entre 150 et 200€ - L'un des meilleurs rapport qualité/prix pour messieurs, et une jolies gammes de chaussures de villes pour mesdames. J'aime particulièrement leur gamme de derbies en suédine et leurs boots montantes que j'ai pu voir et essayer lors d'un passage à Madrid. Leurs concepts de crowd-sourcing permet de produire en petite quantité selon la popularité/demandes des clients afin de ne pas surproduire. Tout est cousu goodyear et produit vers le Portugal. Aucun sourcing des matières par contre.



- Bobbies : Entre 120 (baskets) à 150 € - Apparemment réputés pour ses mocassins (avis aux fans), ils semblent avoir une gamme assez large avec pas mal de derbies, de baskets, et quelques escarpins. La chaîne de production est assez détaillés (cuir italien et espagnol soit disant eco-friendly et bêtes bien traités sans en dire davantage ), détail de fabrication des chaussures selon les modèles (baskets cousus, pourquoi les mocassins sont des semelles soudés, etc).

- Pied de biche : Entre 130 et 165€ - Dans la même gamme que Bobbies apparemment, avec des styles plus diversifiés. Seuls les boots sont cousu Blake. Les matériaux sont assez détaillés.

- Shoepassion : Entre 180 et 300€ - On est d'accord, on a clairement passé un pallier vers le haut de gamme! C'est là que j'ai acheté mes fameuses bottines cousues Goodyear, cuir tannage végétale etc... Des chaussures de qualité fabriqué en Espagne, avec des cuirs "propres" provenant d'Europe, une chaine de production plutôt transparente... Et des chaussures très souvent soldés!
Parceque oui, je veux des chaussures de qualité, mais je n'ai absolument pas le budget pour mettre 280€ (le prix de base de mes chaussures) dans des bottines.
Ce site vaut vraiment le coup car si l'on est un peu patient, on peut faire de bonnes affaires. Pour être honnête, j'ai payé 130€ mes chaussures, et j'ai ajouté 30€ d’embauchoirs (ça aussi ce n'est pas évident à trouver chez les femmes).



 

Attention, toutefois si vous n'êtes pas coutumier des semelles cousus: c'est plus solides certes, mais cela demande un entretien évident: entretien du cuir bien sur, mais surtout semelle et patin AVANT de les porter (puisque la couture est à cru) et surveillance de l'usure des patins. De plus, ce sont des cuirs qui demandent quelques ports pour se détendre et se faire à votre pied. Dans le cas de mes bottines, j'ai tout juste eu à casser un peu le devant du pied, sinon ce sont déjà de vrais chaussons! (mon copain est vert, pour lui cette étape augure souvent quelques jours de souffrance en perspectives! )


Voilà je pense avoir fait le tour de ce que j'avais à dire; n'hésitez pas à réagir si vous avez un avis sur la question ou si vous connaissez des petites marques trop méconnues! ;)


jeudi 4 octobre 2018

A mi-chemin


Un soir d'été un peu frais, une promenade en bord de mer un peu venteuse, une journée d'hiver dans un bureau surchauffée; qui n'a pas ressenti le besoin d'une de ces pièces magiques ni trop chaude, ni trop couvrante, mais un peu tout de cela quand même!? Aujourd'hui, je vous présente trois pièces cousu et tricoté dans cette optique. 


Veste Nenuphar: 

Lorsque le patron est sorti, la pièce m'attirait sans être bien certaine que le style s'accorde avec ma garde-robe. Comme je suis faible et que j'avais très envie de tester, j'ai craqué! 

C'est surtout la version unie, épurée et très japonisante qui me plaisait. Je ne suis pas très fan des kimonos façon plage/robe de chambre très bariolés que l'on voit partout dans le commerce. 
Je suis donc parti sur une version très sobre, dans une sorte de toile de soie noire. C'est un tissu qui présente quelques irrégularités de tissage comme le lin, ainsi qu'un aspect un peu tencel aussi.
J'ai souvent eu du mal à marquer les coutures au fer, ce qui se voit un peu sur les photos.  Du coup j'ai cousu la parmenture du col à la main car je n'arrivais pas à avoir un résultat précis et propre à la machine.
Nombreuses étaient les couturières qui n'aimaient pas les fronces au dos. Je suis plutôt de la team pro-fronces pour le coup, je trouve justement que ça allège l'ensemble ( pour ma morphologie en tout cas).









 Plutôt que de le montrer façon été, j'ai choisi de vous le présenter comme je le porte en ce moment: comme une veste mi-saison où l'on peut même glisser un petit gilet fin dessous, avec mon Safran et un châle. Elle est très confortable, même à vélo, et elle trouve doucement sa place dans ma penderie. 
Cousue fin Juillet, je l'ai également pas mal porté sur mes robes avec la taille marquée ( Robes fit and flare standard, ma centaurée, etc) ou lorsque j'avais un short.

J'ai également réalisé cette veste pour ma maman dans un mélange viscose/lin bleu foncé. Elle était bien contente de pouvoir enfiler toute seule une jolie veste alors qu'elle venait de se faire opérer de l'épaule!



 


Fournitures:
1,5m de toile de soie noire (Toto)
2m de mélange lin/viscose en laize 130 (Toto)


Iris shrug:

Melody Hoffmann (alias bmandarines sur les réseaux sociaux) est l'une de mes designeuses tricot préférées. 
D'habitude, j'évite les boléro car je trouve que ça augmente vite ma carrure (comme ce fut le cas pour le Maeve shrug que j'ai revendu). Cette fois-ci, je me suis laissée tentée car j'aimais beaucoup la dentelle et le joli drapé du modèle. 




 Le patron est très limpide, la dentelle est simple et très relaxante à réaliser. Le seul reproche que je trouve au patron c'est le montage de l'encolure. On nous demande de monter un certain nombre de maille, sans aide tels que "2 mailles sur 3" par exemple. Personnellement, je déteste ce genre d'instruction car je me retrouve toujours au bout de mon relevage sans avoir le bon compte et je suis bonne à tout recommencer. Du coup j'ai fait à ma sauce en relevant environ 3 mailles sur 4. 
A part cela, le patron est très bien concu puisque le bolero tombe parfaitement sur les épaules sans en partir toutes les 2 minutes, et les manches sont ajustées juste comme il faut pour bouger dedans sans problème. 


Comme mon fil était plutôt sport que fingering, je n'ai fait que 9 répétitions de motif pour obtenir la taille requise. 
Parlons du fil justement: rien de bien foufou, il s'agit du merinos 150 de Lang. Un fil tout simple mais avec LE vert canard parfait (et non pas bleu canard comme sur la moitié des photos!). Comme ce fil est  un peu élastique, j'avais peur de ne pas obtenir le drapé du modèle, mais finalement ça fonctionne bien. 

J'ai porté cette pièce très souvent pendant l'été, et vu le maxi chauffage au boulot, je pense  également le porter comme petit gilet le reste de l'année. 



Fournitures:
4 pelotes de Merinos 150 de Lang, soit 570m de fil sport. 
Aiguilles 3,75mm


Kyna Shawl: 

J'ai beaucoup de gros châle assez volumineux, j'avais donc envie d'un petit châle que l'on porte comme un foulard. 
J'ai enfin dégainé le joli livre que le chéri m'a offert lors de nos vacances écossaises (acheté à la boutique Shilasdair). Il s'agit d'un recueil de patrons de châles de Lucy Hague, l'une des spécialistes des motifs celtiques. Ce châle est l'un des plus simple, puisqu'il s'agit d'un châle en fingering à un écheveau, tricoté d'une pointe à l'autre, avec un motif d'entrelacs fait de mailles glissées. 







Je pensait le tricoter rapidement; que neni! Le plus compliqué a été de retenir les différentes bordures autour du jersey et du motif. Après 10cm, j'ai compris qu'il fallait réserver ce projet aux moments où je pouvait me concentrer pleinement dessus et surtout pouvoir y consacrer au moins 2h de suite pour le voir avancer. Le centre demande également pas mal d'attention puisqu'il est formé de rangs raccourcis. 
Lorsque l'on possède le livre, on doit parfois naviguer entre deux-trois pages, ce qui est un peu pénible. Vu la complexité des motifs, je trouve quand même le livre bien expliqué et bien pensé. 



Côté laine, il s'agit du mérinos retordu By simone, coloris Mercurey, un très beau rose un peu sourd et légèrement orangé. C'est dommage qu'elle n'ai jamais refait cette couleur car elle est magnifique! J'ai utilisé un peu moins de 400m ( 332m précisément). 

Comme c'est du merinos, le châle glisse un peu sur les épaules. Au bout de quelques ports, j'ai ajouté un bouton à l'une des pointes pour le fixer dans les points ajourés de l'autre côté. 
Je pense qu'il serait plus grand et qu'il gagnerait en tenue avec une autre fibre tel que du bfl ou un fil plus rustique. Ici il fait 150cm par 50.
J'en suis tout de même bien contente et il change un peu de mes autres châles. 





Fournitures: 
1 écheveau de By simone merinos sw (coloris Mercurey)
aiguilles 4mm



A bientôt!


jeudi 30 août 2018

Août 2018


L'été touche à sa fin, et il est temps de vous parler de deux projets qui m'ont accompagné au mois d'Août. 


Le Top Marin

J'ai beau habiter dans le sud de la France, je ne m'étais jamais vraiment penché sur les fils d'été. 
Je me demandais comment ce fil allait vivre, est-ce que je n'allais quand même pas dégouliner dedans comme toute couche de vêtement que je peux porter du 15 Juin au 15 Septembre *sans exagérer*. 

Le hasard fait parfois bien les choses: De Rerum Natura sort son fil de lin Antigone ET revend le livre Making Stories: Breeze avec tout pleins de jolis modèles estivaux... c'était le moment parfait pour se lancer!


Côté patron, l'ouvrage est très beau, et les patrons sont très détaillés; je pense revenir plus longuement sur cet ouvrage très bientôt!
J'ai suivi à la lettre les explications et tout tombe comme le modèle. 
Le point texturé est très simple, et les finitions soignées (montage provisoire, rangs raccourcis, fausse couture sur les côtés, I-cord bicolore etc). 
Seul bémol, j'ai trouvé que les explications pour l'I-cord bicolore étaient un peu juste, dans la mesure où l'on en fait pas toutes les semaines. 
Après quelques recherches, c'est cette vidéo qui m'a aidé à mieux comprendre. 
Unique entorse au patron: j'ai commencé l'I-cord de l'encolure au milieu dos et pas à l'épaule, car j'avais peur de ne pas réussir à faire une jolie finition et que ça se voit. 



Le fil de lin est vraiment particulier à travailler. Comme le motif implique des alternances de mailles endroit et envers, j'ai du adapter un peu ma façon de tricoter. En effet, le fil n'étant pas très élastique, je perdais régulièrement ma dernière maille sur l'aiguille de droite lorsque je passais mon fil d'avant en arrière et vice versa. 
Après une dizaine de rang, ma main s'y est faite et j'ai pu tricoter la suite sans problème. 
Je n'ai pas adoré tricoter ce fil, mais j'y retournerai avec plaisir, tant c'est agréable de tricoter et de porter des pièces en été sans dégouliner!
C'est un fil qui se révèle uniquement au blocage; s'en est assez bluffant. Le point est lissé, le drapé apparaît, c'est magique! 




C'est une matière très agréable à porter, qui respire très bien et laisse passer les courants d'air *bonheur*
Détail pratico-pratique glamour: je l'ai porté plusieurs fois depuis fin Juillet, et je l'ai mis 2 à 3 jours facilement avant de devoir le laver, même par très forte chaleur! ;) 
Je n'ai pas tenter le lavage en machine à 30° (comme c'est indiqué sur les pelotes) car mon fil contrastant est un reste de fil de laine non superwash. Il supporte très bien les lavages à la main (avec essorage en machine à 1200 tours).
Autre détail qui a son importance: c'est un fil qui donne un tricot légèrement lâche, ce qui fait que l'on voit légèrement le soutien-gorge. Ici il est vert foncé, mais je peux assurer qu'avec de la lingerie jaune et chair cela passe inaperçu. Perso cela ne me gêne pas, mais vous pouvez jouer sur le modèle ou la taille d'aiguille si vous n'aimez pas ce détail. 

Si les fils d'été vous attire, je vous recommande ce fil qui est assez polyvalent, avec une jolie palette de couleur et un prix assez abordable pour une fibre fabriqué en France. 




Rappel: 
- 2,5 pelotes de Antigone (coloris Mordoré) 
- environ 130m de fil contrastant
- Aiguille 3,5mm



Robe Centaurée

Depuis le temps que ce modèle me faisait envie, j'ai enfin pris le temps de faire les modifications nécessaires pour ma morphologie. Comme j'ai moins de poitrine que le modèle, il fallait que je reprenne le V du milieu où j'avais un excédent de matière (tutoriel ici). 
Tout est parti de ce coupon de crêpe de viscose d'Atelier Brunette; la fameuse. Comme beaucoup de couturière, je connais les reproches que l'on fait à ce tissu (fragile, se froisse vite) mais ce vert était tellement beau que j'ai craqué malgré tout. 


Je n'ai pas choisi le patron le plus simple pour manier ce tissu car il a tendance à se déformer et se détendre facilement. J'ai même du enlever quelques centimètres en haut des côtés dos pour ne pas nager dedans. 

Je suis assez contente d'être arrivée au bout de ce projet et je trouve que le rendu n'est pas si mal. Pour autant je ne pense pas racheter ce tissu car effectivement, il me semble assez fragile. Je me demande comment va vieillir ma robe au niveau des découpes du devant et des bretelles. 



J'ai fait exprès de me prendre en photo après une journée de boulot ( vélo + Assis/debouts répétés) et je trouve qu'elle ne froisse pas tant que ça. Cela doit donc dépendre du modèle que l'on choisit. 


Rappel: 
- Robe Centaurée (Deer & Doe)
- 1,5m de Crêpe de viscose Atelier Brunette (coloris Forêt)


A bientôt!




mercredi 18 juillet 2018

Grace


Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'un patron assez méconnu: 
Le haut Grace de Named Pattern. 



Alors que cette saison printemps-été 2018 a vu fleurir des hauts d'été fluide et ample, moi j'ai voulu tenter ce haut qui a l'avantage d'être semi-ajusté et permet d'utiliser des cotonnades.

Ce que j'aime dans ce haut, c'est que l'on a les atouts d'un corset ( le look et le seyant) sans les inconvénients (le corps baleiné, l'aisance négative). 



Le patron est un vrai bonheur à coudre: les explications et les schémas sont clairs, tout s'emboîte parfaitement et les finitions sont très propres. je n'ai rien modifié à part faire des bretelles simples plutôt que nouées. Sur ma version unie, j'ai enlevé 1cm à la largeur des bretelles pour qu'elles soient un peu plus fine. 



 
 




Autre avantage: il est très peu gourmand en tissu! J'ai cousu ma toile portable dans cette batiste fleurie en recyclant une robe ratée (les pièces dans le jupon trapèze et les bretelles dans les manches) et ma version finale dans mes chutes de chambray Trouvailles d'amandine (merci les grands laizes!). 

Il est très confortable, et tombe pile 2-3cm en dessous de ma taille, ce qui me permet de le porter avec tout ce qui est taille haute. Je compte également les porter cet hiver comme des corsages d'antan, en dessous de certains chemisiers  ou sous mes pulls décolletés.
Il a également un beau potentiel de corsage de robe non!?

Un bon moment de couture et un patron qui mérite d'être plus connu! 

En prime voici ma tenue 100% Trouvaille d'amandine pour un mariage ce weekend :) 








lundi 9 juillet 2018

Mouiller le maillot


Depuis quelque temps, on voit fleurir sur les blogs tout plein d'articles sur les maillots de bain. Beaucoup dédramatisent cette pièce, et disent que c'est une couture gratifiante, ludique et rapide. Aujourd'hui, je vous raconte comment j'ai franchi le pas, et comment j'ai vécu cette expérience maillot de bain! 

 Tout d'abord, petit retour sur mon "passif" en terme de maillot de bain: Ce n'est pas une pièce qui me fait rêver, notamment parce que j'ai souvent du mal à trouver une forme qui me plaise par rapport à ma petite poitrine. En plus de ça, je suis un peu chiante car je déteste tous les codes de fi-fille sur un maillot: les noeuds, les paillettes, les couleurs/motifs chatoyants/fluo... 
BREF tout ça pour dire que le seul maillot qui a trouvé grâce à mes yeux et dans lequel je me sens bien, je l'ai trouvé il y a 3 ans chez d*cathl*n pour la somme astronomique de 14€: 



Maiiis est arrivé le jour où j'ai eu envie de varier un peu, notamment pour le préserver. j'ai donc voulu tenter l'aventure... 
Je vous met de suite dans le "bain": pour moi ce moment ne fut ni ludique, ni rapide, ni gratifiant!  il n'y a aucun maillot portable qui n'est sortie de cette session et donc vous ne verrez que des photos de fails!

Le patron:
J'ai jeté mon dévolu sur le maillot Soma de Papercut Pattern. Alors certes, ce n'est pas la pièce la plus simple et rapide, mais c'est le seul patron qui me fait réellement envie, surtout la version 1 pièce. Je vais donc d'abord faire un retour sur le patron uniquement: 



Version 1 pièce: 
Côté taille, j'ai suivi le tableau et je trouve que ça tombe bien. J'ai réalisé une toile rapide et je me suis lancée dans ma version finale en noir. Plusieurs déceptions quant au modèle: le tissu poche sur les côtés, sous l'aisselle et au niveau des triangles. Comme le maillot tombe bien sur plusieurs couturières, je pense que cela est du à la hauteur poitrine-taille pour laquelle le maillot est patronné, ainsi qu'à la taille de poitrine/bonnet pour les triangles. Si vous avez des suggestions pour corriger ces zones je suis preneuse! 
Sur beaucoup de versions visibles sur le net, les coutures des bretelles au niveau du triangle ajouré ne sont pas toujours propres. Moi-même je ne vois pas non plus comment avoir le même résultat que le modèle... 






Version 2 pièces; Variation 2: 
J'aimai aussi beaucoup cette version brassière qui ne faisait pas trop maillot de sport; j'ai donc également tenté cette version. 
Aucun problème pour le bas, il tombe parfaitement! C'est le seul morceau portable de tout ce que j'ai cousu! 
Pour le haut, ce n'est pas la même mayonnaise... Après 2 versions + 1 Toile pour re-patronner le bonnet... j'ai jeté l'éponge! Outre le haut du corsage qui rebique systématiquement et que je n'ai jamais résolu, je n'ai pas réussi à reprendre les pièces du bustier pour ma taille. J'ai ajouté un peu d'aisance sur les côtés et au dos car je ma 1e version a craqué dés le premier essayage. Le patron est fait pour un dos pas trop charpenté donc.








On en vient à ce que je reproche à ce patron: 
- Il n'y a aucune information sur la stature des patrons Papercut en dehors des mesures basiques (ici) : rien sur la taille, ni sur la poitrine/le bonnet auxquelles sont gradés les patrons... Si ces informations sont visibles mais bien cachés quelque part, faites-moi signe!
- Il n'y a aucune aide pour regrader les pièces; ni dans le patron, ni dans le sew along du site... 
Alors certes, c'est un maillot, c'est extensible, mais j'ai eu la désagréable sensation d'un magasin de maillot: de ne pas coller à un soi-disant moule standard, et qu'on ne me donne aucune aide pour adapter ce patron, un comble pour une marque indépendante et le concept même de coudre soi-même ses vêtements non?!



Les fournitures:

Après décryptage des fournitures en anglais et vu la quantité de fournitures et quincaillerie que ce projet demandait, je suis allée au plus pratique. J'ai tout commandé chez Rascol car je n'avais pas envie que cela me coûte cher (surtout que je n'était pas sur de sortir quelque chose de portable de cette expérience... bien mal m'en a pris) et c'est le seul endroit où j'ai trouvé toutes les fournitures (ou équivalent).

Quelques retours sur certaines fournitures: 

- Le tissu lycra: J'ai acheté 3 coupons de 1m car je me doutais qu'il y aurai des toiles et des ratés. Je le trouve d'assez bonne qualité; du moins il est de même grammage que mon maillot actuel. Je ne peux pas dire s'il tient la distance après un mois de plage par contre! ;) 
Petit bémol pour les couleurs: si vous êtes chiantes tatillonnes sur la teinte, faites attention! Le bordeaux est plus fade/clair que la photo, et le bleu marine est plus gris foncé bleuté. Par contre ce dernier va très bien avec le noir, qui lui est vraiment noir! 



- La doublure: le site propose cette maille extensible comme doublure de maillot. Attention ce n'est pas de la vraie doublure de maillot de bain, mais il fait quand même l'affaire. Il n'est pas aussi extensible que le lycra ou qu'une vraie doublure, du coup je n'ai pas doublé la totalité des pièces, comme suggéré par le patron: je nai doublé que le fond de ma culotte, mais j'ai doublé toutes les pièces des hauts, sauf le dos de la brassière. Il est plutôt agréable à même la peau. 
*Rascol a entré cette référence depuis ma commande, ce qui semble être une vraie doublurepour maillot de bain.






- L'élastique pré-plié: J'ai été assez dubitative sur le rendu de cette élastique: outre le fait qu'il est parfois difficile à manipuler tout en le cousant, il ne semble pas très costaud, surtout pour l'empiècement triangle. Je ne suis pas convaincue de sa tenue à long terme, et je trouve le mélange élastique pré-plié/bretelle de soutien-gorge pas très heureux...Si je refais ce maillot, je pense faire mes bandes moi-même selon ce tuto  ou celui-ci ,comme l'a fait Let's tweed sur sa version du Soma .




- La fourniture que je n'ai jamais trouvé c'est l'élastique pour maillot. J'ai donc tout fait avec un élastique classique, technique qui a très bien marché. Rien à redire sur le reste du matériel (attaches, fil mousse, etc). 


Bilan:
Outre ces différents déconvenues, je n'ai pas trouvé cela particulièrement fun. Le lycra est une matière très fuyante, il faut trouver les bons réglages (heureusement que j'ai une machine avec une dizaine de points extensibles), il faut gérer les couches, les sandwichs.. bref je n'ai clairement pas pris mon pied! 
Mais bon comme j'ai encore un peu de tissu et quelques pistes pour corriger et peut-être sortir quelque chose de portable... je vous reparlerai peut-être maillot de bain... en été 2019... au moins!